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Retour d'expérience et conservation de la mémoire

Comment le retour d’expérience après catastrophe permet-il  d’acquérir des connaissances nouvelles sur les risques naturels et industriels, sur les méthodes d’analyse et sur la gestion des crises et du post événement?

 

Le retour d’expérience est désormais considéré comme faisant partie des bonnes pratiques en matière de gestion de risque. Il est de fait encore très diversement pratiqué. Comment sont ou ne sont pas intégrées les procédures de retour d’expérience dans la gestion des risques industriels et naturels ? Quels sont les obstacles rencontrés ? Quelles sont, dans les diverses activités à risques, les différentes expérimentations conduites dans ce sens ? Dans la mesure du possible, proposer des synthèses de divers types de retours d’expérience (sans « forcer » des cohérences artificielles ni réduire la spécificité et la pertinence de chacun). Quels types d’événements méritent un retour d’expérience ? Quelles sont les modalités permettant de structurer un retour d’expérience, d’en assurer l’efficacité et d’en minimiser les déviances? Dans quelles mesures un retour d’expérience crée-t-il une dynamique au sein des organisations les développant mais également dans l’environnement social de ces organisations ? Quelles sont les conséquences à court terme et à long terme d’un retour d’expérience ? Comment le retour d’expérience pourrait-il être pleinement intégré dans la gestion des risques ? Dans quelles limites peut-il favoriser des relations entre les acteurs directement en charge d’activités à risques et ceux qui sont potentiellement exposés à ces risques ?

Par ailleurs, quand il s’agit de risques ou de catastrophes, la notion de mémoire nécessite des approfondissements. Comment analyser, et avec quels concepts, les processus par lesquels se maintient (ou non) la remémoration des accidents passés ? Faut-il l’associer aux seuls événements catastrophiques ? Ou bien l’envisager de façon plus large, comme dépendante de tout un contexte individuel, social, politique, organisationnel, territorial ? Pour que la « mémoire » soit invoquée, qu’est-ce qui nourrit la remémoration ? Quel est l’effet des renouvellements de population, parfois relativement rapides, qui amènent sur les lieux des riverains peu avertis ? Les gestionnaires de risques sont-ils de leur côté totalement exempts « d’oublis » et d’occultations ? Certains savoirs scientifiques et techniques ne peuvent-ils parfois « se perdre » (départ à la retraite, réorganisation administrative) ? Les relations entre élus et techniciens, par exemple, vont-elles toujours dans le sens d’une « culture » partagée et active, relativement à un danger particulier ?

 

Dans cette perspective, la notion connexe de « culture du risque » pourrait également faire l’objet d’une analyse approfondie. Comment se structure au quotidien et dans la durée, la relation à telle ou telle source de danger (naturelle ou industrielle) ? Quels sont les facteurs individuels ou collectifs qui influent, positivement ou négativement, sur la prise en compte du danger ? Comment intégrer à la gestion des risques le caractère dynamique des situations à risque, sachant que les représentations des riverains, comme leur « mémoire », sont susceptibles d’évolutions, d’oublis (ou de refus de savoir) et d’occultations diverses, qui restent à préciser ? A l’échelle des individus comme des collectifs (municipalités, administrations…), le souvenir implique-t-il systématiquement l’action ou la prévention ? Et si non, pourquoi ? Peut-on approcher ensemble, malgré leurs logiques apparemment contradictoires, « mémoire » des catastrophes et « déni du risque », autre attitude très fréquemment observée ? Quels enseignements en tirer pour la gestion des risques, notamment en termes de communication ?